NOS CONCERTS

 

Un double concert à l’approche de l’été

Palmeri et Ramirez, deux Argentins aux rythmes séduisants

De la musique religieuse certes, mais avec la souplesse de la danse et la couleur du métissage entre le classique et le folklore.

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Ariel RAMIREZ est un pianiste et compositeur argentin, né à Santa Fe en 1921 et décédé à Buenos Aires en 2010 à l’âge de 88 ans.
Il étudie le piano avec le répertoire classique tout en vivant les fêtes populaires et les rituels dont l’Argentine est riche. À partir de 1943, il connaît un beau succès d’interprète, notamment comme pianiste à Radio El Mundo. Sa vision musicale change radicalement quand il rencontre Arturo Schianca, spécialiste des musiques dites « folkloriques ». S’il commence à connaître parfaitement les mécanismes de la création populaire, les structures rythmiques, l’esprit et le langage mélodique de ce folklore argentin nourri des croisements entre musiques indigènes, corpus hispanique et semi-érudit, il continue ses études classiques, de piano et de composition, notamment au conservatoire national.
En 1964, il compose la Misa Criolla. La pièce est créée le 20 décembre 1965 en Argentine, puis part en tournée européenne à partir de 1967. La tournée prendra fin, au Vatican, par une audition privée devant le pape Paul VI. Cette messe, chantée en espagnol, suit la liturgie et utilise les instruments traditionnels du folklore argentino-indien.
En complément de la Misa Criolla, il écrit Navidad Nuestra, en espagnol teinté de dialectes argentins. On y reconnaît la musique d’ Alouette, alouette, paroles d’une chanson de 1969 signée de Pierre Delanoë pour les paroles, « d’après folklore » pour la musique. En fait, la musique est l’œuvre d’Ariel Ramirez (dans la section La Peregrinación). Cette œuvre a été créée comme une sorte de tableau naïf qui aurait été composé par des gens simples. Ramirez a donné à chaque épisode de la nativité une couleur régionale spécifique qui se base sur une danse traditionnelle d’une région particulière d’Argentine : le chamamé pour l’Annonciation, la huella pampeana pour le Voyage vers Bethlehem de Joseph et Marie, la vidala catamarqueña pour la Naissance, la chaya de la Rioja apporte son rythme joyeux à l’Adoration des bergers et le takirari à l’arrivée des Rois Mages. Quant à la Fuite en Égypte, elle se fonde sur une vidala tucumana. Les mots employés sont simples, ceux que le poète Felix Luna a utilisés reflètent parfaitement l’émotion d’une foi non intellectuelle, proche des représentations que l’on peut trouver aussi dans l’iconographie du Moyen Âge occidental (peintures et sculptures).

En 1981, Ariel Ramirez compose une nouvelle oeuvre religieuse : Misa por la Paz y la Justicia. Cette dernière oeuvre n’a pas rencontré le succès planétaire de la Misa Criolla dont les enregistrements discographiques se sont vendus à plusieurs millions d’exemplaires.
Ariel Ramirez a composé plus de trois cents chansons, notamment avec deux de ses amis, Miguel Brasco et Felix Luna. Avec ce dernier, il a créé quelques-unes des plus belles chansons argentines contemporaines.
Ariel Ramirez était l’un des grands de la musique latino-américaine, enracinée dans une tradition née au début du XXe siècle, quand la musique érudite allait chercher son identité dans le folklore né du métissage, noir, indigène et européen.
Il a édifié une oeuvre universelle en puisant aux sources modales indiennes les plus pures qu’il a su associer aux bases les plus solides de la composition classique.

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